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Le vendredi 25 octobre 2019, l’Assemblée nationale a voté en faveur de l’expérimentation du cannabis thérapeutique, déjà menée dans une trentaine de pays, à partir de cette année 2020. En s’appuyant sur le retour des patients, elle visera à trouver la formule française sur sa possible législation.

Le cannabis thérapeutique : la forme autorisée à la production

En France, la culture supérieure à 0,2 % de THC, la vente, la possession ou la consommation de cannabis est interdite. Portant avec ce vote, la France va expérimenter durant deux ans l’usage du cannabis thérapeutique à partir du premier semestre 2020. Une décision qui devrait soulager de nombreux patients atteints de certaines pathologies et pour lesquels les antidouleurs classiques n’agissent pas ou plus. Cette expérimentation ” va être mise en place assez rapidement, dans les prochaines semaines”, affirme Jean-Baptiste Moreau, député (LREM) de la Creuse sur France 24, qui voit d’un bon œil le cannabis à usage thérapeutique. Il explique : “L’enjeu, c’est d’arriver à ce que la production de ces produits pharmaceutiques, soit assurée par une filière franco-française”. Dont certains élus ont déjà demandé, en 2018, au gouvernement l’autorisation d’y cultiver et d’y exploiter du cannabis à usage thérapeutique. “Pour l’instant, il n’y a pas d’autorisation de produire du cannabis thérapeutique en France”, rappelle Nicolas Authier, qui poursuit : ” Les cultures se feront en champ fermé, sous serre, et nécessiteront des investissements importants. De plus, il va falloir maîtriser leur température, leur humidité et leur ensoleillement, ce ne sera pas de l’agriculture conventionnelle “.

Dans l’ombre, une production hexagonale qui se développe

L’herbe saisie en France provient d’abord de l’étranger, notamment des Pays-Bas, de la Belgique et d’Espagne. Cette dernière occupe d’ailleurs une place de plus en plus grande dans l’approvisionnement du marché français. Cependant, ce constat d’un recours croissant aux importations ne doit pas occulter la progression de la culture du cannabis sur le territoire français. L’herbe produite localement semble plus disponible qu’avant, ainsi que le montrent les données portant sur les saisies de plants de cannabis. Ces dernières ont considérablement augmenté depuis le début des années 2010 et dépassent régulièrement la barre des 100 000 pieds, contre 50 000 en moyenne dans les années 2005. Cette explosion des saisies de pieds peut être mise en corrélation avec l’estimation du nombre de cannabiculteurs réalisée à partir des données 2010 du Baromètre santé de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la Santé (INPES). Si elles ne permettent pas d’apprécier la croissance de leur nombre sur la dernière décennie, le nombre estimé de personnes ayant recours dans l’année, en partie ou exclusivement, à la cannabiculture est non négligeable puisqu’il atteindrait environ 212 800 personnes.

Les Bienfaits controversés du cannabis thérapeutique

Des supposées applications thérapeutiques sont répertoriées par l’Association Internationale pour le Cannabis Médical incluant : nausées et vomissements, anorexie et cachexie, spasmes, troubles du mouvement, douleurs, glaucome, épilepsie, asthme, dépendance et état de manque, symptômes psychiatriques, dépressions, maladies auto-immunes et inflammations ; et divers syndromes variés. Les propriétés suivantes ont été scientifiquement étudiées et ont fait l’objet de publications dont les conclusions sont controversées :

  • Analgésiques : malades en phase terminale et pour les douleurs chroniques résistantes aux traitements traditionnels ;
  • Relaxantes et somnifères : malades en phase terminale, troubles du sommeil ;
  • Antispasmodiques : sclérose en plaques, épilepsie ;
  • Anti-vomitives : traitement des effets secondaires de la chimiothérapie ou d’autres traitements lourds ;